Jean-Lou RacineJean-Lou Racine, 49 ans, est directeur de l’agence nantaise Le Phare, qu’il a créé il y a 16 ans. Agence web, mais surtout partenaire de l’industrie, des enseignes à réseaux, pour les accompagner dans leur digitalisation, Le Phare réalise des sites internet, extranet, des e-boutiques et dispose aujourd’hui d’une vraie spécialisation sur le captage de leads et le data management. Disposant de belles références, rassemblant 18 collaborateurs, Le Phare a principalement grandi avec des industriels et des vépécistes. Pour Jean-Lou Racine, qui a participé à deux Learning Expeditions en Californie, « la data et l’innovation de rupture sont les deux vecteurs de développement des marques ».

LG : La Californie, çà vous inspire?

JLR : J’ai toujours eu très envie de découvrir la Californie et de m’en inspirer. Je suis parti pour la première fois en 2012. J’étais alors président de Réseau Entreprendre Pays de la Loire. Cette première Learning Expedition a été une révélation totale. A San Francisco j’ai notamment découvert le Design Thinking et j’ai ensuite eu la chance de faire un workshop avec La plateforme Innovation de Nantes sur ce thème. J’ai apprécié la force de la pensée positive, la puissance du storytelling, où l’histoire est plus importante que le produit qu’on vend. J’ai aussi pris conscience des bénéfices d’une organisation en mode start-up. Il m’a fallu presque deux ans de digestion pour faire évoluer le process au sein de notre agence.

LG : Qu’avez-vous mis en place dans votre société à partir de vos apprentissages ?

JLR : Quand je fais l’inventaire de ce que nous avons fait, je me dis que nous avons parcouru un beau chemin. En premier lieu, nous avons changé la méthode d’approche pour nos clients en utilisant le design thinking. Au Phare on travaille désormais en « mode IDEO ». Cela a été difficile à mettre en œuvre, j’avais l’impression d’être un extra-terrestre, mais quand j’ai commencé à appliquer, cela a porté ses fruits. Nos spécifications marketing ont été modifiées, nous sommes partis de l’usage et j’ai tout de suite formé nos chefs de projet à cette méthodologie. Nous nous sommes appuyés sur d’autres personnes qui étaient partis en Learning Expedition en Californie et avons organisé des workshops ensemble : cela a été très fort. Puis je me suis inscrit à Design’In, la plateforme régionale d’innovation, pour continuer à entretenir le sujet en interne et progresser.

En second lieu, nous nous sommes concentrés sur les effets de « startupisation » notamment pour nos clients industriels, certains que l’on ne pouvait pas digitaliser dans leur rythme d’industriel. Avec le recul, pour ces deux grands chantiers, le plus intéressant est d’avoir travaillé en meute avec des gens inspirés et qui amènent une vraie valeur ajoutée à nos clients.

Nous avons aussi compris que dans nos métiers, il fallait nous-mêmes nous contaminer à l’esprit start-up : ainsi est née Kiplin dont la vocation est d’organiser des challenges connectés pour les salariés en les incitant à se bouger, à faire du sport ; c’est de l’incentive. Des community-managers animent le réseau tous les jours et poussent les participants dans leurs progrès. Cette start-up est un vrai retour d’expérience en live. Elle va vivre sa première levée de fonds. Sans cette prise de conscience californienne, jamais nous n’aurions eu cette initiative particulière. Nous avons ainsi beaucoup grandi, après cette première expérience, en partageant et en osant faire.

LG : Et votre deuxième expérience en Californie à l’automne dernier vous a permis d’approfondir les sujets en cours ?

JLR : J’ai vécu l’expérience différemment. Dans tous les cas, mon objectif premier était d’aller chercher de l’énergie pour moi et de l’énergie à vivre en groupe. J’ai compris deux ou trois choses en plus: notamment, l’obligation de nous frotter à d’autres mondes, d’autres cultures et il est important que l’on créé en France ce genre de monde. Cela m’a donné envie d’aller chercher d’autres personnes comme des agriculteurs, des médecins… pour l’organisation d’un prochain workshop. J’ai compris pourquoi Google est excellent : il mélange tout, tout le temps ; j’ai également compris chez Sunpower, la culture Cœur, la valeur Cœur ou encore chez Back to the roots, la conviction sur le produit : elle est telle que l’équipe se concentre vraiment sur les tripes et le cœur. C’est très fort.

LG : Et concrètement, sur quels nouveaux chantiers vous êtes-vous concentrés après cette seconde expédition ?

JLR : Dans ma dernière projection, j’ai identifié trois ou quatre messages en interne : par exemple, qu’il me faut un « happyness manager » et faire grandir les personnes avec cet esprit positif. J’aimerais aussi déménager, on avait déjà décidé d’avoir une « quite room », de travailler debout, on s’est aménagé des petits espaces, nous n’avons plus de place fixe, on a aussi commencé à avoir des portables et non des desktops… La cuisine est le centre de nos locaux mais il faut aller encore plus loin car la nouvelle organisation de l’espace a eu un effet sur les comportements, les horaires et sur les clients : le réaménagement des locaux a permis de rééquilibrer cette notion de temps, qui avait été quelque peu bouleversée avec les 35 heures. On est moins comptable de son temps car ce temps au bureau peut aussi être un temps d’échange, de jeux. Cela crée de la cohésion et de la confiance. Etre allongé dans le canapé, c’est quelque part lâcher la rampe : cela a par ailleurs un impact positif sur les clients qui passent à l’entreprise et observent notre façon de travailler et d’aborder les sujets. Nous souhaitons mettre du happiness dans tout ce que l’on fait et je veux le rendre contagieux auprès des clients.

LG : Quels ont été les autres impacts sur vos clients ? Que leur avez-vous transmis ?

JLR : Nous travaillons sur l’innovation de rupture, sur la friction, les frottements, tout ce qui peut permettre d’oublier le quotidien pour faire du neuf. Nous nous musclons, nous entourons de compétences et de bonnes volontés autour du Design Thinking pour nos clients. Autre sujet essentiel, celui de la data. Aujourd’hui, les entreprises découvrent ses effets. Nous allons capitaliser sur ce sujet, aller chercher des compétences pour optimiser le cross-canal, sourcer en Californie. J’ai ainsi créé datamaniaques.com, un manifeste sur les enjeux de la data, j’adorerais développer nos échanges avec des californiens et faire venir plus de datamaniaques dans ce projet.

LG : A votre avis, comment faire évoluer ces échanges économico-culturels entre la Californie et la région Pays de la Loire ?

JLR : Ce que je vois c’est que le réseau Entreprendre a créé sa propre gestion, la Cantine a créé sa propre gestion… c’est comme des petits villages. Il serait bien que d’aller plus loin encore sur la plateforme Innovation Loire Valley et de rassembler plus encore tous ces petits villages gaulois. Avoir un Xavier Courjaret de RealChange qui a un pied partout, c’est top, pour faire vivre l’aventure, la partager et mettre en place des initiatives.

LG : Le mot de la fin Jean-Lou ?

JLR : Mon conseil est que si tu n’as pas fait le voyage en Californie, tu ne t’embarques pas ! J’invite tous les entrepreneurs à vivre l’expérience, il faut vraiment continuer à faire ces voyages. La richesse de RealChange à organiser ces Learning Expeditions réside dans le processus très spécifique, pertinent et efficient. L’approche Entreprises et le parcours global proposés sont au top. Humainement, l’expérience est très forte et je me demande comment Christian Forthomme fait pour se réinventer à chaque nouveau groupe. Il est parfait ! Pour ma part, je rêve d’organiser une nouvelle Learning Le Phare-Datamaniaques pour nos clients au pays du « tout est possible ».

Merci Jean-Lou pour votre enthousiasme !

Pour en savoir plus : http://www.lephare.com/ – www.datamaniaques.com

Entretien mené par Laurence Gilot.

By | 2019-07-08T21:19:00+01:00 février 26th, 2016|Témoignages|0 Comments

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Communications Lead for RealChange Network / Stratégie de communication & Contenus éditoriaux for Com & Tell

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